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La Société Civile offre des points de vue vitaux pour les Pays les Moins Avancés

La société civile est la plus proche du terrain et la plus consciente des enjeux locaux, l’autorisant ainsi a représenter la voix des peuples des PMA de manière effective

Gauri Pradhan
Coordinateur International, LDC Watch

L’examen à mi-parcours du Programme d’Action d’Istanbul a récemment vu une large présence de la société civile. Quel rôle la société civile peut-elle jouer aujourd’hui dans le soutien à une mise en œuvre plus grande du Programme d’Action d’Istanbul (PAI)?

GP La présence de la société civile était en effet exemplaire durant l’Examen à mi-parcours du Programme d’Action d’Istanbul. L’ONU-OHRLLS et le Gouvernement Turc doivent tous deux être félicités pour leur contribution à la promotion d’un espace pour la société civile des PMA durant la conférence ainsi qu’au sein de la conférence elle-même. LDC Watch, en tant que représentant mondial de la société civile des PMA, a par ailleurs joué un rôle significatif en mettant ensemble les représentants déterminants de la société civile des PMA au Forum de la Société Civile.

S’il reste encore cinq années avant la conclusion du PAI, beaucoup reste à accomplir. La Société Civile doit aller plus loin dans son engagement et s’acquitter de son rôle de garde-fou, tenant pour responsables les gouvernements, ainsi que d’autres parties-prenantes pertinentes, de leurs actions telles qu’inscrites dans le PAI. La Société Civile peut aussi promouvoir la transparence, la redevabilité et faire du plaidoyer en sensibilisant sur les thèmes et enjeux de société en rapport avec la mise en place effective du PAI. Elle doit aussi agir comme une entité de renforcement des capacités et apporter son expertise et son expérience pour formuler des politiques et des stratégies, identifier et concevoir des solutions tout comme donner pouvoir et voix aux peuples marginalisés et sous-représentés des PMA.

Reconnaissant qu’aucun secteur ne peut résoudre seul les problèmes auxquels les PMA font face, la société civile doit accroitre et renforcer ses partenariats et cadres collaboratifs au sein de la société civile des PMA et au-delà, en impliquant les acteurs gouvernementaux, les organisations internationales et le secteur privé.

Comment la société civile peut-elle utiliser les Objectifs du Développement Durable et d’autres engagements globaux faits en 2015, comme l’Accord de Paris et le Programme d’Action d’Addis Abeba, pour s’assurer que les Pays les Moins Avancés sont au premier rang du développement durable durant les 15 prochaines années?

GP Atteindre ces objectifs de développement, internationalement déclarés, est un défi surtout pour les PMA où le niveau de dénuement est aigu. Leurs économies sont vulnérables et leurs infrastructures sont faibles et inadéquates. Les ONG doivent être véritablement actives pour apporter suffisamment d’attention aux enjeux auxquels les PMA sont confrontés. La Société Civile des PMA, tout comme des Non-PMA, doit utiliser les engagements internationaux tels que les ODDs, l’Accord de Paris et le Programme d’Action d’Addis Abeba, comme des opportunités pour sensibiliser aux défis des PMA et soutenir le développement durable des PMA en améliorant la qualité et les capacités de mise en œuvre. Ces programmes d’actions globaux devraient aller de pair avec le PAI déjà adopté.

Les PMA négociant individuellement ont un pouvoir de négociation faible, mais en tant que groupe ils détiennent  plus de pouvoir et de soutien par effet de levier. « Ne laisser personne pour compte » est un principe sous-jacent des ODD, ce thème étant également reflété dans d’autres engagements globaux. L’objectif est d’assurer que le développement mondial a un impact positif sur les plus pauvres et marginalisés des membres de la société.

Au regard des différents engagements internationaux explicites ci-dessus, les PMA ont besoin d’adopter une approche transversale dans le but d’identifier des solutions créatives au niveau local que les institutions gouvernementales peuvent manquer. Les membres de la Société Civile sont les plus proches du terrain et les plus au courant des enjeux locaux, leur permettant ainsi de représenter efficacement et fidèlement les voix des peuples des PMA. La Société Civile a également besoin d’augmenter ses partenariats avec les gouvernements, le secteur privé et les autres corps internationaux, travaillant en synergie avec ces entités et partageant une même voie vers la réalisation des engagements internationaux. Pour se faire, un leadership dynamique et capable  doit être établi  et renforcé dans les PMA.

Comment, selon vous, l’ONU-OHRLLS a-t-il soutenu les Pays les Moins Avancés (PMA) au cours de ces 15 dernières années ?

GP Depuis l’adoption du Programme d’Action de Bruxelles en 2001, les PMA ont fait des progrès considérables en termes de développement économique, social et humain, avec l’appui et le soutien d’ONU-OHRLLS.

Les PMA font face à des vulnérabilités et défis inhérents à leurs situations géographiques;  cependant, malgré les multiples défis et contraintes, beaucoup ont fait des progrès considérables en réalisant des résultats positifs et durables. De nombreux PMA ont vu une augmentation significative de leur mobilisation de ressources nationales et l’ont utilisé pour le développement durable durant les quinze dernières années. De plus, depuis l’adoption du PAI en 2011, les PMA ont fait des progrès dans les domaines des droits de l’homme, de la bonne gouvernance, de la transparence, de la participation démocratique, de l’Etat de droit aux niveaux national et international, du développement humain, de l’égalité hommes-femmes et de l’émancipation des femmes et des filles. Aussi, beaucoup de PMA remplissent les critères de la sortie de cette catégorie et de nombreux autres ont exprimé leurs aspirations à une telle sortie. L’ONU-OHRLLS a joué un rôle crucial dans la réalisation de ces résultats et dans le potentiel de sortie de la catégorie dans le futur. 

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